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Cosmos·7 min·

Le féminin et le masculin sacrés

Yin et yang, Shiva et Shakti, la Lune et le Soleil. Toutes les traditions décrivent deux pôles dont l'union crée la vie. Les livres de ce parcours y voient la clé de l'éveil. À condition de ne pas les confondre avec les rôles des hommes et des femmes, ces deux pôles sont présents en chacun.

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Le symbole est connu de tous : un cercle partagé par une ligne en S, une moitié claire, une moitié sombre, et dans chacune un petit point de la couleur opposée. Le taijitu, ou symbole du yin et du yang.

Les deux livres de ce parcours accordent une grande place à cette dualité : « divin féminin » et « divin masculin », hémisphère droit et hémisphère gauche, Lune et Soleil, eau et feu. Leur union serait la condition de l'éveil. L'intuition est ancienne et belle. Elle mérite d'être formulée avec précision, car elle a souvent servi à enfermer les gens dans des rôles.


Deux pôles dans toutes les traditions

Le symbole du yin et du yang, et les paires de pôles : yin-yang, Shakti-Shiva, Lune-Soleil, réceptif-actif, accueillir-diriger
Les grandes paires de pôles. Elles décrivent des qualités, présentes en chaque personne, et non des genres.

Le taoïsme. Le yin est le versant ombragé de la colline, le yang le versant ensoleillé. Le yin est réceptif, fluide, intérieur, nocturne ; le yang est actif, ascendant, extérieur, diurne. Aucun n'est meilleur que l'autre, et chacun contient le germe de l'autre — c'est le sens des deux petits points.

L'hindouisme. Shiva est la conscience pure, immobile ; Shakti, l'énergie créatrice, dynamique. Sans Shakti, Shiva est inerte ; sans Shiva, Shakti n'a pas de direction. L'iconographie indienne a une image saisissante de leur union : Ardhanarishvara, un dieu dont la moitié droite est masculine et la moitié gauche féminine.

L'alchimie. Le Roi et la Reine, le Soleil et la Lune, le soufre et le mercure s'unissent dans la coniunctio, les « noces chimiques », d'où naît la pierre philosophale. Jung y voyait l'image de l'intégration psychique.

L'hermétisme. Le septième principe du Kybalion, le « principe de genre », dit la même chose : en toute chose, un pôle actif et un pôle réceptif. Nous l'avions rencontré dans l'article sur l'hermétisme.


Ce qu'il faut préciser

Ces pôles ne sont pas des sexes. Associer le yin aux femmes et le yang aux hommes, c'est réduire un symbole cosmique à un stéréotype social. Toutes les traditions sérieuses le savent : chaque personne, quel que soit son genre, porte en elle les deux pôles. Un homme peut être profondément réceptif, une femme profondément entreprenante. Le symbole décrit des qualités de l'énergie, pas des destins.

Cerveau gauche « masculin », cerveau droit « féminin ». L'un des livres associe l'hémisphère gauche au masculin logique et le droit au féminin intuitif. Cette répartition stricte est une simplification que les neurosciences ont largement nuancée : les deux hémisphères travaillent ensemble pour presque toutes les fonctions. On l'avait déjà relevé à propos de l'Hemi-Sync.

Les étymologies fantaisistes. Le même livre fait dériver le nom d'Israël de « Isis-Ra-El ». C'est un jeu de mots sans fondement : le nom vient de l'hébreu et signifie, selon la Genèse, « celui qui a lutté avec Dieu ».


Ce qu'on garde

L'équilibre comme chemin. Trop de yang, et l'on s'épuise dans l'action, le contrôle, la volonté. Trop de yin, et l'on se dissout dans la passivité, l'attente, la rêverie. L'éveil ressemble à une danse entre les deux.

La pratique elle-même est une union. Le protocole de sortie hors du corps en est un exemple parfait : il faut d'abord poser une intention (yang), puis lâcher et accueillir (yin). Vouloir sans lâcher bloque ; lâcher sans vouloir endort. Le même mouvement se retrouve dans la cohérence cardiaque : l'inspiration et l'expiration, égales.

L'union qui précède le char. Dans ce parcours, cette étape précède la Merkaba, dont l'image moderne est justement deux triangles inversés, l'un montant, l'autre descendant, unis autour du cœur.


Pratique : la respiration des deux pôles

  1. Assieds-toi le dos droit, les mains posées sur les cuisses, la gauche paume vers le haut (recevoir), la droite paume vers le bas (donner).
  2. À l'inspiration, porte l'attention sur la main ouverte : je reçois.
  3. À l'expiration, sur la main posée : je donne.
  4. Fais ainsi dix cycles. Puis observe : lequel des deux mouvements t'est le plus naturel ? Lequel t'est le plus difficile ?
  5. Pendant dix cycles encore, accorde un peu plus d'attention à celui qui t'est difficile.
  6. Termine les deux mains jointes devant le cœur.

Avec le temps, cette pratique révèle quelque chose de très personnel : où, dans ta vie, l'un des pôles a pris toute la place, et où l'autre attend.

Il n'y a pas de lumière sans ombre portée, ni de souffle sans retour. L'union n'efface pas les deux pôles : elle les fait danser.


Pour aller plus loin

  • Tao Te King, attribué à Lao-tseu.
  • C. G. Jung, Mysterium Conjunctionis, 1955-1956.
  • Genèse 32:28 — l'origine du nom Israël.
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